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Secourisme · 20 septembre 2026 · 9 min de lecture

Étouffement : la désobstruction des voies aériennes

Une bouchée qui passe mal, un collègue qui porte les mains à sa gorge et ne peut plus parler : l'étouffement se joue en quelques minutes. Savoir réagir vite, c'est savoir libérer une vie.

Secourisme
20 septembre 20269 min de lecture

CDFPI

Équipe éditoriale

Reconnaître un étouffement : total ou partiel

L'étouffement, ou obstruction des voies aériennes, survient lorsqu'un corps étranger — un morceau d'aliment le plus souvent — bloque le passage de l'air. C'est une urgence à part : contrairement à beaucoup de situations, le sauveteur doit ici agir immédiatement, parfois avant même d'alerter, car le cerveau ne tolère que très peu de temps sans oxygène. La première chose à faire est de distinguer une obstruction partielle d'une obstruction totale, car la conduite à tenir est radicalement différente.

L'obstruction partielle : laisser tousser

En cas d'obstruction partielle, un peu d'air passe encore. La victime tousse vigoureusement, peut parler ou émettre des sons, et son visage n'est pas immédiatement bleuté. Dans ce cas, on ne fait rien d'autre que l'encourager à tousser : la toux est le mécanisme naturel le plus efficace pour expulser le corps étranger. Taper dans le dos ou intervenir pourrait au contraire déplacer l'obstacle et aggraver la situation. On reste près de la personne, on la rassure et on surveille, prêt à agir si la situation se dégrade vers une obstruction totale.

L'obstruction totale : agir sans délai

En cas d'obstruction totale, plus aucun air ne passe. La victime ne peut ni parler, ni tousser, ni respirer, elle porte souvent les mains à sa gorge (signe universel de l'étouffement), son visage se colore puis devient bleuté. C'est une urgence absolue : sans intervention, la perte de connaissance survient en quelques instants. Il faut enchaîner les gestes de désobstruction immédiatement.

Les gestes chez l'adulte et l'enfant

Face à une obstruction totale chez une personne consciente, on alterne deux techniques selon une séquence précise.

Les claques dans le dos

On se place légèrement sur le côté et en arrière de la victime, on la penche en avant et on donne jusqu'à cinq claques vigoureuses dans le dos, entre les omoplates, avec le plat de la main. Le but : provoquer un mouvement qui déloge le corps étranger. Après chaque claque, on vérifie si l'obstacle a été expulsé ; dès qu'il l'est, on s'arrête.

Les compressions abdominales (méthode de Heimlich)

Si les claques dans le dos sont inefficaces, on passe aux compressions abdominales : placé derrière la victime, on entoure sa taille, on place un poing au creux de l'estomac (entre nombril et sternum) et l'on exerce jusqu'à cinq compressions vers soi et vers le haut. On alterne ensuite cinq claques dans le dos / cinq compressions jusqu'à expulsion du corps étranger ou perte de connaissance.

SituationGeste adapté
Obstruction partielle (la victime tousse)Encourager à tousser, surveiller
Obstruction totale, adulte / enfant5 claques dos puis 5 compressions abdominales, en alternance
Femme enceinte, personne obèseCompressions thoraciques à la place des abdominales
Nourrisson (moins de 1 an)5 claques dos puis 5 compressions thoraciques

Si la victime perd connaissance

Si la victime s'effondre, on l'allonge avec précaution, on alerte (ou on fait alerter) les secours et l'on débute la réanimation cardio-pulmonaire. On poursuit jusqu'à l'arrivée des secours.

> L'expertise CDFPI. Cet article est signé CDFPI, dont les intervenants sont issus de la médecine de combat (anciens des Forces Spéciales) et formateurs de formateurs SSIAP 3 et SST. Pour apprendre ces gestes en mise en situation, découvrez la formation SST et le PSC1. → Voir le parcours

Les spécificités du nourrisson

Chez le nourrisson (moins d'un an), la technique est adaptée à sa fragilité. On ne pratique jamais de compressions abdominales sur un bébé.

Claques dans le dos et compressions thoraciques

On place le nourrisson à plat ventre sur l'avant-bras, tête plus basse que le corps et bien soutenue, puis on donne jusqu'à cinq claques dans le dos entre les omoplates. En cas d'échec, on retourne le bébé sur le dos et l'on réalise jusqu'à cinq compressions thoraciques lentes, avec deux doigts au milieu de la poitrine. On alterne les deux séries en surveillant l'expulsion du corps étranger.

Pourquoi cette différence

L'abdomen du nourrisson abrite des organes fragiles que des compressions abdominales pourraient léser. Les compressions thoraciques, plus douces et mieux ciblées, sont donc privilégiées. Cette adaptation illustre une règle générale du secourisme : le bon geste dépend toujours de la victime.

La conduite à tenir en résumé

Face à un étouffement, la logique est simple à mémoriser : observer, puis agir selon le type d'obstruction. Si la victime tousse, on laisse faire et on surveille. Si elle ne peut plus respirer, on enchaîne claques dans le dos et compressions, en adaptant la technique à la personne. Dès que l'obstacle est expulsé, on rassure et on conseille un avis médical, car les manœuvres de désobstruction peuvent avoir des conséquences. L'alerte aux secours intervient dès qu'une autre personne est disponible, sans interrompre les gestes.

Pourquoi s'entraîner change tout

Lire ces gestes ne suffit pas à savoir les exécuter. En situation réelle, le stress, la panique de la victime et l'urgence rendent l'improvisation hasardeuse. La mise en situation en formation permet de mémoriser la séquence, de doser la force des claques et des compressions, et de garder son sang-froid. C'est cette répétition qui ancre le réflexe : le jour venu, le corps sait quoi faire sans que l'esprit ait à réfléchir.

L'étouffement sur le lieu de travail

L'étouffement n'est pas réservé à la sphère privée : il survient aussi en entreprise, à la cantine, lors d'un repas pris à la hâte ou d'une pause. Dans les établissements accueillant des enfants ou du public, le risque est encore plus présent. Disposer de sauveteurs formés répartis dans les équipes, comme le prévoit la démarche SST, garantit qu'une personne sait réagir vite, sur place, avant même l'arrivée des secours. C'est précisément dans ces minutes d'attente que se joue l'issue. Intégrer la désobstruction des voies aériennes à la formation des équipes, c'est donner à chacun les moyens d'agir au lieu d'assister, impuissant, à un drame évitable.

Questions fréquentes

Faut-il taper dans le dos d'une personne qui tousse fort ?

Non : tant qu'elle tousse efficacement, on l'encourage à tousser et on surveille. La toux est le geste naturel le plus efficace.

Que faire si les claques et compressions ne marchent pas ?

On poursuit l'alternance jusqu'à l'expulsion ou la perte de connaissance ; dans ce dernier cas, on alerte et on débute la réanimation.

La technique est-elle la même pour un nourrisson ?

Non : chez le nourrisson, on remplace les compressions abdominales par des compressions thoraciques, plus adaptées à sa fragilité.

Pouvez-vous former nos équipes ?

Oui, en intra, adapté à vos risques, dans le 06, en PACA et à Monaco.

Conclusion

L'étouffement se joue en quelques minutes : savoir distinguer obstruction partielle et totale, puis enchaîner les bons gestes — claques dans le dos, compressions adaptées — peut sauver une vie au bureau, à l'atelier ou à la cantine. Ces réflexes s'acquièrent et s'entretiennent en formation, par la répétition.

Pour aller plus loin :

  • Formation SST · Formation PSC1
  • La chaîne de survie et la RCP
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    📍 Désobstruction des voies aériennes — Nice, 06, PACA, Monaco — CDFPI

    Claques dans le dos • Heimlich • nourrisson • surveiller

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