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Prévention & Santé
20 juin 202610 min de lecture

Risques psychosociaux (RPS) et DUERP : ce que l'employeur doit faire

Stress, harcèlement, violences, charge mentale : les RPS sont des risques professionnels à part entière, à évaluer dans le DUERP. Obligations, méthode et leviers d'action, par un IPRP reconnu DREETS.

CDFPI

Équipe éditoriale

Les RPS, des risques professionnels à part entière

Longtemps minimisés, les risques psychosociaux (RPS) — stress chronique, harcèlement moral ou sexuel, violences internes ou externes, charge mentale excessive — sont aujourd'hui reconnus comme de véritables risques professionnels. À ce titre, l'employeur doit les évaluer et les prévenir, au même titre que les risques physiques ou chimiques, et les inscrire dans son DUERP.

Or les RPS restent souvent le angle mort de l'évaluation des risques. Voici ce que dit l'obligation de sécurité et comment agir.

Qu'entend-on par RPS ?

Les RPS recouvrent plusieurs réalités :

FamilleExemples
StressDéséquilibre entre exigences et ressources
Violences internesHarcèlement moral/sexuel, conflits
Violences externesAgressions, incivilités (clients, public)
Charge mentaleSurcharge, hyperconnexion, pression temporelle
Perte de sensManque d'autonomie, de reconnaissance

Leurs conséquences sont concrètes : souffrance, absentéisme, turnover, accidents, mais aussi TMS (les RPS aggravent les troubles musculo-squelettiques) et désorganisation.

L'obligation de l'employeur

L'obligation de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail) couvre la santé physique ET mentale des salariés. Concrètement, l'employeur doit :

  • évaluer les RPS et les intégrer au DUERP ;
  • mettre en place des actions de prévention ;
  • agir spécifiquement contre le harcèlement (obligation de prévention).
  • > L'expertise CDFPI. Cet article est signé CDFPI, dont le fondateur est IPRP reconnu DREETS. Nous accompagnons l'évaluation des RPS et leur intégration au DUERP. → Voir le parcours · Conseil & accompagnement prévention

    Évaluer les RPS dans le DUERP

    L'évaluation des RPS suit la même logique que les autres risques, avec des outils adaptés :

  • Recueillir des indicateurs : absentéisme, turnover, accidents, signalements, climat social.
  • Donner la parole aux salariés : questionnaires, entretiens, groupes de travail (l'expression des salariés est centrale pour les RPS).
  • Identifier les facteurs : organisation, management, charge, relations, environnement.
  • Coter et hiérarchiser : comme tout risque, selon gravité et fréquence d'exposition.
  • Définir un plan d'actions et le suivre.
  • Les leviers d'action

    La prévention des RPS est d'abord organisationnelle (prévention primaire) : clarifier les rôles, ajuster la charge, donner de l'autonomie et de la reconnaissance, soigner le management. Elle s'appuie aussi sur des dispositifs dédiés :

    LevierFormation / dispositif
    Prévenir et traiter le harcèlementRéférent harcèlement
    Améliorer la qualité de vie au travailQVCT / QVT
    Outiller les élus du personnelCSE / SSCT

    Le référent harcèlement (obligatoire dans certaines configurations, notamment au sein du CSE et dans les entreprises d'au moins 250 salariés côté employeur) joue un rôle clé de prévention et de traitement des situations.

    RPS et CSE

    Le CSE a un rôle important en matière de santé et de conditions de travail : il est consulté sur le DUERP (RPS inclus), peut alerter en cas de danger grave et imminent, et participe à l'analyse des situations. Former les élus (CSE / SSCT) renforce cette vigilance collective.

    Les trois niveaux de prévention des RPS

    Comme pour tout risque, la prévention des RPS se décline à trois niveaux — et la priorité va au premier :

  • Prévention primaire (la plus efficace) : agir sur les causes dans l'organisation du travail — clarifier les rôles, ajuster la charge, donner de l'autonomie et de la reconnaissance, améliorer le management et la communication.
  • Prévention secondaire : aider les salariés à faire face (formation à la gestion du stress, sensibilisation des managers, dispositifs d'alerte).
  • Prévention tertiaire : prendre en charge les personnes en souffrance (accompagnement, cellule d'écoute, soutien psychologique).
  • Une démarche qui se limite au tertiaire (gérer les dégâts) sans agir sur l'organisation reste incomplète.

    Comment évaluer concrètement les RPS

    Les RPS étant « invisibles », l'évaluation combine plusieurs sources :

  • Indicateurs : absentéisme, turnover, accidents, arrêts répétés, plaintes, taux de départ.
  • Expression des salariés : questionnaires (modèles existants type Karasek, Siegrist), entretiens, groupes de travail.
  • Analyse du travail : organisation, charge, horaires, relations, environnement.
  • Ces éléments se croisent puis se cotent comme les autres risques (gravité × fréquence d'exposition) avant d'alimenter le plan d'actions.

    L'obligation spécifique en matière de harcèlement

    Au-delà des RPS en général, le harcèlement fait l'objet d'obligations propres : information des salariés, affichage des textes et des coordonnées des acteurs (dont le référent harcèlement du CSE et, dans les entreprises d'au moins 250 salariés, le référent employeur), et obligation d'agir (prévention, et traitement via une enquête interne en cas de signalement). Former ces référents est déterminant — voir la formation Référent harcèlement.

    Questions fréquentes

    Les RPS doivent-ils figurer dans le DUERP ?

    Oui. Les risques psychosociaux sont des risques professionnels à évaluer et à intégrer au Document Unique, comme les autres.

    Le harcèlement relève-t-il des RPS ?

    Oui. Le harcèlement moral et sexuel fait partie des violences internes, avec une obligation spécifique de prévention pour l'employeur.

    Faut-il un référent harcèlement ?

    Un référent doit être désigné au sein du CSE, et côté employeur dans les entreprises d'au moins 250 salariés. Le former est essentiel.

    Comment évaluer un risque « invisible » comme le stress ?

    Par des indicateurs (absentéisme, turnover…) et surtout l'expression des salariés (questionnaires, entretiens, groupes de travail).

    Pouvez-vous nous accompagner sur les RPS ?

    Oui, de l'évaluation à l'intégration au DUERP et au plan d'actions. Voir notre offre.

    Conclusion

    Les RPS ne sont pas un sujet « RH » optionnel : ce sont des risques professionnels que l'employeur doit évaluer dans le DUERP et prévenir au titre de son obligation de sécurité. En combinant évaluation rigoureuse, action organisationnelle et dispositifs dédiés (référent harcèlement, QVCT, CSE formé), on protège la santé mentale des équipes — et la performance de l'entreprise.

    Pour aller plus loin :

  • Le guide du DUERP
  • Formations : Référent harcèlement · QVCT / QVT · CSE / SSCT
  • Conseil & accompagnement prévention
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    📍 RPS & DUERP — Nice, 06, PACA — CDFPI

    Évaluation • prévention • référent harcèlement • QVCT

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