Le risque mortel qu'on oublie d'évaluer
C'est un fait méconnu : la route est la première cause d'accidents mortels du travail en France. Pourtant, dans beaucoup d'entreprises, le risque routier est absent du Document Unique (DUERP) — comme si la route ne faisait pas partie du travail. Or dès qu'un salarié se déplace pour son activité (mission) ou entre son domicile et son travail (trajet), l'entreprise est concernée. Et ce risque se prévient, par l'organisation bien plus que par la chance.
Trajet et mission : deux réalités
On distingue deux situations, toutes deux à prendre en compte :
| Type | Définition | Levier de l'entreprise |
|---|---|---|
| Accident de mission | Pendant un déplacement professionnel | Fort : organisation, véhicules, règles |
| Accident de trajet | Entre domicile et lieu de travail | Indirect : horaires, mobilité, sensibilisation |
L'accident de mission est un accident du travail à part entière : l'employeur a un vrai pouvoir d'action sur sa prévention.
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Les quatre leviers de prévention
La prévention du risque routier s'organise autour de quatre axes reconnus :
Agir sur les déplacements : le levier le plus puissant
C'est l'axe le plus rentable et le plus oublié. Avant de sécuriser un trajet, il faut se demander s'il est nécessaire : une réunion en visioconférence, une tournée réorganisée pour limiter les kilomètres, un planning qui n'oblige personne à rouler vite pour tenir des rendez-vous trop serrés. La pression temporelle est l'un des premiers facteurs d'accident : une organisation qui prévoit des marges réalistes, des temps de pause et qui ne récompense pas la précipitation agit directement sur la cause.
Le véhicule comme poste de travail
Pour un salarié qui roule, le véhicule est un poste de travail à part entière. Cela implique un entretien suivi (pneus, freins, éclairage), des équipements de sécurité présents et fonctionnels, une charge correctement arrimée pour les utilitaires, et une adaptation du véhicule à l'usage réel. Un carnet d'entretien et un contrôle régulier de la flotte se justifient autant qu'une vérification de machine en atelier.
Fatigue, nuit et conditions locales
En PACA, les déplacements cumulent trafic dense sur le littoral, routes de montagne dans l'arrière-pays et épisodes météo intenses. La gestion de la fatigue (durée de conduite, pauses, conduite de nuit) et l'adaptation aux conditions doivent figurer dans les consignes. Un salarié fatigué ou pressé est un salarié exposé, quelle que soit la qualité du véhicule.
Le téléphone au volant : le piège n°1
L'usage du téléphone (appels, messages, applications) est devenu un facteur majeur d'accidents. Une entreprise qui, par ses pratiques, incite implicitement ses salariés à répondre en conduisant prend une lourde responsabilité. Poser une règle claire — « personne ne décroche au volant, on rappelle à l'arrêt » — et l'appliquer à tous les niveaux, direction comprise, est l'une des mesures les plus efficaces et les moins coûteuses.
L'inscrire au DUERP et au plan d'actions
Évaluer le risque routier (qui se déplace, comment, dans quelles conditions), le coter et définir un plan d'actions (organisation, flotte, règles, formation) est une démarche structurante, à intégrer au plan d'actions de prévention. Pour les métiers très exposés (BTP, services, livraison), c'est une priorité — comme on l'a vu pour le BTP.
Formaliser une charte routière
La charte routière met noir sur blanc les règles de l'entreprise : organisation des déplacements, état et usage des véhicules, interdiction du téléphone au volant, gestion de la fatigue, conduite à tenir en cas d'accident. Sa force ne vient pas du document, mais de son application à tous les niveaux, direction comprise : une règle que l'encadrement ne respecte pas ne tient pas. Elle s'accompagne idéalement d'actions de sensibilisation régulières et d'un retour d'expérience après chaque incident.
Questions fréquentes
L'accident de mission est-il un accident du travail ?
Oui, pleinement. L'accident de trajet bénéficie aussi d'une protection, avec des règles spécifiques.
Le téléphone mains libres est-il autorisé en conduisant ?
Tenir un téléphone en main est interdit ; mais même en mains libres, l'attention est fortement dégradée. La bonne pratique est de ne pas téléphoner en conduisant.
Faut-il une charte routière ?
C'est une excellente pratique : elle formalise les règles (déplacements, communications, véhicules) et engage toute l'entreprise.
Le risque routier doit-il figurer au DUERP ?
Oui. Dès qu'un salarié se déplace pour son activité, le risque routier doit être évalué, coté et traité dans le plan d'actions, au même titre que les autres risques.
Pouvez-vous nous accompagner ?
Oui : évaluation, charte et sensibilisation, dans le 06, en PACA et à Monaco.
Conclusion
Le risque routier est la première cause de décès au travail — et l'un des plus oubliés du DUERP. En agissant sur les déplacements, les véhicules, les communications et les compétences, et en bannissant le téléphone au volant, l'entreprise protège ses salariés sur le terrain le plus meurtrier : la route.
Pour aller plus loin :
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📍 Risque routier professionnel — Nice, 06, PACA, Monaco — CDFPI
Déplacements • véhicule • téléphone • compétences