Se préparer au pire pour ne pas le subir
Personne n'aime envisager une intrusion violente ou une attaque sur son lieu de travail. Pourtant, comme pour l'incendie, la préparation sauve des vies — précisément parce que les bons réflexes sont contre-intuitifs et que, sans entraînement, la sidération domine. Sensibiliser ses équipes n'est pas alarmiste : c'est un acte de prévention responsable, à l'image des exercices d'évacuation déjà obligatoires.
Les réflexes officiels : s'échapper, se cacher, alerter
Les pouvoirs publics ont diffusé une conduite à tenir simple en cas d'attaque, articulée autour de trois priorités hiérarchisées :
| Priorité | Principe |
|---|---|
| 1. S'échapper | Si une issue sûre existe : quitter les lieux, laisser ses affaires, faire fuir les autres |
| 2. Se cacher | Si fuir est impossible : se confiner, verrouiller, barricader, silence, téléphones en silencieux |
| 3. Alerter | Prévenir les forces de l'ordre (17/112) dès que possible et sans se mettre en danger |
Ces principes, contre-intuitifs sous le choc, ne deviennent des réflexes que par la répétition et la mise en situation.
S'échapper : la priorité absolue
Fuir est presque toujours la meilleure option. Cela suppose d'avoir, à froid, repéré plusieurs itinéraires de sortie depuis chaque zone — pas seulement l'entrée principale. On part vite, on laisse tout (sacs, manteaux, ordinateurs), on ne se regroupe pas, on entraîne ceux qui hésitent, et on ne revient pas chercher quelqu'un. Une fois dehors et à distance, on alerte et on se rend visible des secours, mains apparentes.
Se cacher : quand fuir est impossible
Si la fuite expose, on se confine : une pièce qu'on verrouille et barricade avec le mobilier, lumières éteintes, téléphones en silencieux (vibreur coupé), à l'écart des portes et des fenêtres, dans le silence total. On ne sort pas tant que l'ordre n'émane pas de forces de l'ordre identifiées. Le confinement n'est pas passif : il s'agit de gagner du temps et de se rendre le plus difficile possible à atteindre.
Alerter sans se mettre en danger
L'alerte (17 ou 112) se fait dès que c'est possible sans risque : depuis sa cachette en chuchotant, ou en laissant la ligne ouverte pour que l'opérateur entende. On transmet l'essentiel : lieu précis, nombre d'assaillants, type de menace, nombre de personnes présentes. Quand l'intervention arrive, on obéit immédiatement, mains vides et visibles : les primo-intervenants ne savent pas, dans l'instant, qui est qui.
> L'expertise CDFPI. Cet article est signé CDFPI, dont les intervenants connaissent la gestion de la menace de l'intérieur (anciens militaires, Forces Spéciales, gendarmerie/BRI). Nous sensibilisons vos équipes avec mesure et réalisme via notre accompagnement sûreté et la formation gestion de l'agression & malveillance. → Voir le parcours
Préparer l'établissement, pas seulement les personnes
Au-delà des réflexes individuels, l'établissement se prépare :
Sensibiliser sans traumatiser
Tout l'art est de préparer sans installer la peur. Une sensibilisation bien menée déculpabilise (on apprend qu'on peut agir), donne des repères simples et redonne du contrôle. Elle s'appuie sur des intervenants qui maîtrisent le sujet et savent l'aborder avec mesure — c'est la condition pour que le message passe sans angoisser.
Doser le ton selon le public
Le même contenu ne se transmet pas de la même manière à des bénévoles, à des soignants ou à un comité de direction. On adapte le vocabulaire, on évite les images choc et le sensationnalisme, on remplace la peur par la compétence : « voici ce que vous saurez faire ». La pédagogie privilégie des cas concrets et des mises en situation courtes plutôt que des récits anxiogènes. C'est aussi pourquoi la sensibilisation reste dans le champ de la prévention et de l'organisation : il s'agit de réflexes de protection et de mise à l'abri, jamais de techniques d'intervention ou de confrontation, qui relèvent des seules forces de l'ordre.
Ancrer par la répétition
Une sensibilisation unique s'oublie. Pour que les réflexes tiennent, ils doivent être répétés : rappel des consignes à l'embauche, exercice annuel de mise en sûreté, affichage discret des conduites à tenir, intégration au livret d'accueil. C'est la régularité, plus que l'intensité, qui transforme une information en réflexe disponible le jour où il faut.
Un sujet qui concerne aussi les écoles et les lieux recevant du public
Les établissements scolaires disposent déjà d'un cadre dédié, le PPMS, qui inclut la menace d'intrusion. Les entreprises, commerces, lieux de culte et établissements recevant du public ont tout intérêt à s'en inspirer pour bâtir leurs propres consignes.
Questions fréquentes
Sensibiliser à l'attaque, n'est-ce pas anxiogène ?
Au contraire, bien menée, la sensibilisation rassure : elle remplace la sidération par des repères. C'est l'absence de préparation qui est anxiogène.
Est-ce obligatoire ?
Il n'existe pas d'obligation générale identique au PPMS scolaire, mais cela relève de la prévention et de l'obligation de sécurité, surtout pour les sites exposés.
Quelle différence avec un exercice d'évacuation ?
La logique « s'échapper / se cacher » diffère de l'évacuation incendie : les deux doivent coexister et être distingués par les équipes.
Pouvez-vous intervenir avec mesure ?
Oui : nous adaptons le ton et le contenu à votre public, dans le 06, en PACA et à Monaco.
Conclusion
Face à la menace d'intrusion ou d'attaque, des réflexes simples — s'échapper, se cacher, alerter — sauvent des vies, à condition d'avoir été préparés à froid. Sensibiliser ses équipes avec mesure, et préparer l'établissement, est un acte de prévention responsable, dans la continuité de la sûreté et de la gestion de crise.
Pour aller plus loin :
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📍 Menace d'intrusion — Nice, 06, PACA, Monaco — CDFPI
S'échapper • se cacher • alerter • préparer