Une mosaïque de métiers, une mosaïque de risques
Une commune ou une intercommunalité, c'est une multitude de métiers sous un même employeur : agents techniques (voirie, espaces verts, bâtiment), ATSEM et personnel scolaire, restauration collective, propreté, administratif, police municipale, accueil du public. Chacun a ses risques propres. Évaluer tout cela dans le Document Unique (DUERP) — obligatoire dans la fonction publique territoriale — suppose une approche par métier et par unité de travail.
Les grandes familles de risques
| Domaine | Risques typiques |
|---|---|
| Technique (voirie, espaces verts) | Engins, outils, travail en hauteur, chimique (phyto), bruit |
| Restauration collective | TMS, coupures, brûlures, chimique, biologique |
| Scolaire (ATSEM, périscolaire) | TMS (posture enfant), bruit, charge |
| Administratif & accueil | RPS, agressions du public, TMS bureautique |
| Propreté & déchets | Manutention, biologique, chimique |
| Risque routier | Déplacements, interventions |
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Structurer le DUERP par unité de travail
La clé, en collectivité, est le découpage en unités de travail cohérentes (services, métiers, sites), pour évaluer finement sans se noyer. Cette logique d'unité de travail, prévue par l'article R.4121-1 du Code du travail, est la seule façon de traiter sans confusion une mairie où voisinent un agent de voirie, une ATSEM et un agent d'accueil. Chaque unité fait l'objet d'une analyse, d'une cotation et d'un plan d'actions priorisé.
Découper sans se noyer
Un découpage utile suit le travail réel, pas l'organigramme. On peut par exemple isoler : « espaces verts », « voirie », « bâtiment », « restauration scolaire », « ATSEM / périscolaire », « accueil et état civil », « police municipale ». L'erreur fréquente est de multiplier les unités au point de produire un document illisible : mieux vaut une dizaine d'unités bien décrites qu'une cinquantaine survolées.
Coter pour prioriser
Pour chaque risque d'une unité, on attribue une cotation (gravité × fréquence, parfois pondérée par la maîtrise actuelle). Cette note objective les priorités et permet de justifier l'ordre des actions devant les élus et les instances. C'est elle qui transforme une liste de dangers en feuille de route.
Associer agents et instances
La démarche associe les agents (qui connaissent le terrain), l'encadrement, l'assistant de prévention, et la F3SCT (formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et des conditions de travail) ou le CST. Sans cette association, le DUERP reste un document de bureau déconnecté des réalités du terrain.
Les enjeux montants : RPS et agressions
Deux risques progressent fortement dans le secteur public : les RPS (réorganisations, charge, sens) et les agressions des agents d'accueil. Les intégrer pleinement au DUERP et y répondre est devenu incontournable.
Les RPS dans la fonction publique territoriale
Réorganisations de services, mutualisations intercommunales, perte de sens, exigences contradictoires : les agents publics sont exposés à des facteurs de risques psychosociaux spécifiques. Leur évaluation passe par des indicateurs (absentéisme, turnover, signalements) et, idéalement, une démarche participative. Les réponses relèvent de l'organisation et du management bien plus que de l'individu.
Protéger les agents au contact du public
Les agents d'accueil, d'état civil, des CCAS ou la police municipale font face à des incivilités et parfois à des violences. La prévention combine aménagement des espaces (banque d'accueil, issue de repli), formation à la désescalade, procédures de signalement et protection fonctionnelle de l'agent agressé. Cette protection, due par la collectivité, est un point que le plan d'actions du DUERP doit formaliser.
Le rôle de l'assistant de prévention
Dans la fonction publique territoriale, l'autorité désigne un assistant de prévention (et, le cas échéant, un conseiller de prévention) chargé de l'assister dans la démarche et le suivi du Document Unique. S'appuyer sur cet acteur, le former et lui donner du temps et un mandat clair est déterminant : c'est lui qui fait vivre le DUERP au plus près des agents et des services. Trop souvent, cette mission est confiée sans décharge de temps ni légitimité : le DUERP s'endort alors faute de pilote réel. Donner à l'assistant de prévention un mandat explicite, du temps dédié et l'appui de la direction générale est la condition pour que l'évaluation se traduise en actions concrètes sur le terrain.
Questions fréquentes
Le DUERP est-il obligatoire en collectivité ?
Oui : l'autorité territoriale, comme tout employeur, doit évaluer les risques et tenir un Document Unique.
Comment gérer la diversité des métiers ?
Par un découpage en unités de travail et une évaluation métier par métier, associant les agents.
Quels risques sont en forte hausse ?
Les RPS et les agressions des agents au contact du public.
Qui valide le DUERP dans une collectivité ?
L'autorité territoriale (le maire ou le président) en est responsable. Elle s'appuie sur l'assistant de prévention et présente la démarche à la F3SCT ou au CST.
Pouvez-vous accompagner une collectivité du 06 ?
Oui : DUERP par unité de travail, plan d'actions et formations des agents, dans tout le 06 et la PACA.
Conclusion
En collectivité, le DUERP doit embrasser une grande diversité de métiers et de risques — du travail en hauteur des agents techniques aux RPS et agressions des agents d'accueil. Une démarche structurée par unité de travail, associant agents et instances, en fait un véritable outil de protection.
Pour aller plus loin :
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📍 DUERP collectivité — Nice, 06, PACA — CDFPI
Unités de travail • technique • accueil • RPS