Reconnaître une hémorragie grave
Une hémorragie est un écoulement de sang en dehors des vaisseaux sanguins. On parle d'hémorragie grave lorsque le saignement est :
Chiffre clé : Un adulte possède environ 5 litres de sang. Une perte de 1,5 litre peut entraîner un état de choc potentiellement mortel.
Les 3 types d'hémorragies
Hémorragie externe
Le sang s'écoule à l'extérieur du corps par une plaie visible. C'est la situation la plus fréquente et celle où vous pouvez agir directement.
Hémorragie extériorisée
Le sang s'écoule par un orifice naturel :
Hémorragie interne
Le sang reste à l'intérieur du corps. Invisible mais suspectable par des signes indirects : pâleur, sueurs, pouls rapide, confusion.
Comment arrêter une hémorragie externe
Technique n°1 : La compression directe
C'est la technique de référence, efficace dans 90% des cas.
Les étapes :
Technique n°2 : Le pansement compressif
Si la compression manuelle doit être relâchée (pour alerter les secours ou s'occuper d'une autre victime) :
Technique n°3 : Le garrot (en dernier recours)
Le garrot est réservé aux situations où la compression directe est impossible ou inefficace :
Règles du garrot :
| À faire | À ne pas faire |
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| Poser au-dessus de la plaie | Poser sur une articulation |
| Serrer jusqu'à l'arrêt du saignement | Desserrer une fois posé |
| Noter l'heure de pose | Couvrir le garrot |
| Garrot large (5-7 cm minimum) | Utiliser un fil ou une cordelette |
Les erreurs qui peuvent être fatales
Erreur n°1 : Surélever le membre qui saigne
Idée reçue : « Il faut lever le bras ou la jambe qui saigne. »
Réalité : La surélévation seule n'arrête pas une hémorragie grave. Elle peut compléter la compression mais ne la remplace pas. Pire, elle peut retarder la mise en place d'une compression efficace.
Erreur n°2 : Retirer un objet planté
Idée reçue : « Il faut retirer le couteau/le verre/l'objet. »
Réalité : L'objet fait office de « bouchon ». Le retirer peut aggraver considérablement le saignement. Stabilisez l'objet et laissez les professionnels le gérer.
Erreur n°3 : Appliquer un garrot « par précaution »
Idée reçue : « Un garrot, c'est plus efficace qu'une compression. »
Réalité : Un garrot mal posé ou inutile peut causer des dommages irréversibles au membre. La compression directe reste la technique de première intention.
Cas particuliers
Saignement de nez (épistaxis)
Ne pas : pencher la tête en arrière (le sang coule dans la gorge et peut provoquer des vomissements)
Plaie au cuir chevelu
Le cuir chevelu saigne abondamment même pour des plaies superficielles. Cela impressionne mais n'est généralement pas grave.
Amputation traumatique
Prévenir le choc hémorragique
En attendant les secours, surveillez les signes d'état de choc :
Actions immédiates :
Ce qu'il faut retenir
> Face à une hémorragie :
> 1. Allongez la victime
> 2. Comprimez directement et fortement
> 3. Maintenez la pression jusqu'à l'arrivée des secours
> 4. Ne relâchez jamais sans relais
Formez-vous aux gestes d'urgence
Les techniques d'arrêt d'hémorragie sont enseignées dans toutes les formations de secourisme : PSC1, SST, PSE1. La pratique sur des mises en situation réalistes vous donne les automatismes nécessaires pour agir efficacement le jour J.
Chez CDFPI, nos formations incluent des exercices avec faux sang et mannequins de simulation hémorragique. Vous apprenez à gérer le stress et à appliquer les bons gestes sous pression.
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Une hémorragie grave est une urgence vitale. Formez-vous et n'hésitez jamais à appeler les secours.


